Exposition
du 15 octobre au 30 novembre 2007
Dessins des jeunes autistes du Centre Thérapeutique et de Recherche de Nonette
Contact Presse :
Anne-Sophie Jarrige. Tél : 04 73 41 16 20.
E-Mail : asjarrige@ophis.fr
32 rue de Blanzat. 63 028 Clermont-Ferrand Cedex 2
COMMUNIQUE DE PRESSE
Exposition
«De l’un à l’Autre : portraits singuliers»
Dessins des jeunes autistes du Centre Thérapeutique et de Recherche de Nonette
Dans le cadre de la 11ème semaine du handicap, qui se déroulera du 12 au 18 novembre, l’Ophis accueille du 15
octobre au 30 novembre une exposition intitulée « De l’un à l’Autre : portraits singuliers », présentant une centaine de dessins des jeunes autistes du Centre Thérapeutique et de
Recherche de Nonette.
Collages, guitare à lunette, enroulements, arabesques, arc-en-ciel, chat ou poule, séries d’impressions aux crayons de couleur ou à la peinture,
cavernes ou arbres à paroles, poèmes ou productions sans titre : au total, une centaine d’œuvres, étonnantes par leur diversité et leur qualité, réalisées par les 44 résidents du centre
thérapeutique et de recherche de Nonette spécialisé dans l’accueil de personnes autistes, enfants, adolescents ou adultes psychotiques, présentant de graves troubles du comportement.
Une thérapie de l’art en quelque sorte dont le seul objectif est de sensibiliser à la
différence.
« C’est une formidable opportunité de porter hors des murs de notre institution les créations d’hommes et de
femmes pour qui le lien social n’est pas chose facile, explique Philippe Aurat, l’un des 23 professionnels (majoritairement des éducateurs spécialisés et des psychanalystes) qui
encadrent ces résidents. Il n’est pas toujours aisé pour des personnes qui souffrent d’autisme et de psychoses d’utiliser le langage comme moyen de contact.
La création artistique peut être une autre manière de communiquer et de faire lien ».
L’art pour déjouer le handicap
Les œuvres présentées ici ont été créées dans le cadre des différents ateliers artistiques proposés au Centre de Nonette : atelier poésie animé
par une institutrice et une intervenante extérieure artiste poète, ou atelier peinture qui existe dans l’établissement depuis une dizaine d’années. Un lieu particulier dans lequel les
pensionnaires qui le souhaitent sont invités à se rendre régulièrement. Les résidents participent chacun à leur manière, sans caractère d’obligation. Certains vont parvenir à rester un temps
assez long, d’autres au contraire produisent dans l’urgence, en quelques minutes. D’aucuns travaillent d’arrache-pied et déposent une profusion d’œuvres en série, alors que d’autres acceptent,
seulement une fois de temps en temps, de laisser leur empreinte dans cet endroit. Sans compter ceux qui viennent volontiers mais ne laissent aucune trace de leur passage, faisant vivre, malgré
tout, à leur manière, ce lieu.
Dans tous les cas, un seul et même combat : celui de surmonter le handicap. « C’est un travail
stimulant à la fois pour eux et pour nous, éducateurs, renchérit Philippe Aurat. Il s’agit de trouver pour chacun un accompagnement personnalisé
qui va lui permettre d’exprimer graphiquement quelque chose, en cherchant le support le plus apte à mettre en valeur une trace, un geste, une écriture singulière. Alors que le monde extérieur se
présente pour eux comme lourd de menaces, que la simple rencontre avec l’autre peut devenir une catastrophe, que chaque consigne, chaque ordre peuvent se transformer en exigence féroce, la
pratique à plusieurs offre au sujet autiste l’occasion d’une pluralité de rencontres où se faire entendre ».
Pas de dimension pédagogique, ni d’apprentissage de techniques mais un étonnement toujours renouvelé de voir du beau, du style, du mouvement, de l’expressivité dans ces créations originales. Des créations irréfléchies, pulsionnelles, à la racine de toute démarche
créative, de l’art brut en quelque sorte tel que le rêvait Jean Dubuffet. Un hymne à la vie et au dialogue. Les artistes ont tous donné leur accord pour que leurs productions soient exposées ici.
« C’est très important pour eux, insiste Philippe Aurat. C’est une reconnaissance de leur particularité
et de la créativité dont ils font preuve pour aborder le monde de manière très singulière ».
Une expérience au service de leurs désirs de vivre : « Nous savons que les sujets que nous accueillons
sont si gravement perturbés que peu, voire aucun, ne pourront réintégrer un parcours classique d’autonomie sociale, reconnaît Jacques Borie, le président de l’association
gestionnaire. Pour autant, nous n’avons nullement renoncé à améliorer la position de chacun et à rendre leur vie moins douloureuse, le rapport aux autres
moins violent et plus ouvert. C’est notre façon de faire avancer notre savoir aujourd’hui assez limité pour soigner ces maladies énigmatiques du psychisme humain ».
Si l’autiste n’utilise pas la parole pour communiquer, si l’usage qu’il en fait peut se réduire à la résonance, à l’écholalie, à la profération de
mots isolés, à la satisfaction que produit le son, c’est en essayant de nouer dialogue avec lui, en apprenant sa langue particulière qu’il peut sortir de
la chambre d’échos dans laquelle il s’est isolé. C’est en apprenant leur langue singulière qu’une porte nous est ouverte sur ce que parler veut dire. Un étrange apprentissage qui
n’est pas celui d’une langue déjà-là, mais une véritable “Invention de l’Autre”.
Des photos pour témoigner du quotidien
A l’occasion de cette exposition, Richard Damoret, photographe à l’agence Réa, et l’Ophis qui a réalisé ces locaux avec l’aide des architectes Pascal
Estier et Joëlle Lechuga, présentent quelques uns des clichés pris au centre thérapeutique et de recherche de Nonette lors d’un reportage photo sur
l’autisme.
Photos volées derrière une porte ou sur le vif retraçant le quotidien de ces hommes et de ces femmes : pas de vis-à-vis, que du béton, pas de
tuyauterie ni de radiateurs apparents, des panneaux bois démontables pour les chambres en cas de dégradation, des portes scellées, des circulations sans butée, pas d’angles droits, des couleurs
vives : au quotidien, le centre de Nonette s’étend sur 9 bâtiments et accueille 24 enfants (dès l’âge de 6 ans) et adolescents au sein de son institut thérapeutique, éducatif et pédagogique, et
20 adultes dans le cadre d’un foyer occupationnel pour adultes très dépendants, inaptes à toute activité professionnelle et qui ont besoin d’un encadrement pour les actes de la vie
quotidienne.
Entrée libre. Du lundi au vendredi de 8h30 à 12h15 et de 13h30 à 18h.